C’est juste au coin…

…sans point de suspension, qu’il faut aller.  Surtout quand tout est flou, full, flou, tangage et mal de mer. Disparaitre dans la ligne d’un pas ; effacer une à une les actualités.  A être dans le flux, le contis_145bflou du monde on devient full et flou.

 Just now, tout est flou au pied du pas               à faire, lettre quotidienne pour gagner son                    alpha, oméga, alphabet. C’est évident que tout se craquèle, sous le fard.

                                                L’humanité. C’est trop tard.                                                                                                   Il disait :  » Pour l’humanité, c’est trop tard ».

Regarder donne mal aux yeux pourtant en bas à droite…                  faire fi, enjamber  et    hop juste au coin…  take shelter, please.

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Laverie

Tourne et siphon.

L’eau.

Aspirée – tu vois la douche c’est comme ça le matin –

Tourne et siphon.

Avec cheveux, pêle-mèle.

Tu es.

Sous la douche.

Qui s’y frotte s’y lave.

Le ciel au dessus , en dessous, par dessus , à côté, droite et gauche , un ciel devant soi et là.

Tu vois là

à tes pieds. Le siphon.

Le ciel sans dessus-dessous

-La douche c’est comme ça aussi le soir-

L’espoir dans le siphon.

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Place d’Arménie

Place d’Arménie les papiers volent sous le vent de l’oubli. Souvenirs en volutes dans la poussière de la ville. Gros grain dans l’œil à ne pas voir— à ne pas voir là, les trois visages à ton pied. Ta semelle sur la place à peine trace l’espace que les trois regards plaquent tes pas aux égouts de l’histoire.

                                                                                                                                                            Passe à rebours la jaune ironie crevant ses sacs au vent des souvenirs. Dans les volutes peut-être s’esquisse aux commissures, des lèvres, là, de l’œil et de la moustache, peut-être s’esquisse au revers des raies au vent un sourire parmi les traits des visages encore présents des Arméniens sur la place, sur la place d’Arménie, à savoir ne connaître jamais le biais de tous tes pas.

                                                                                                                                                          Derniers égards aux pas croisés. Silence de ceux qui restent. Silence de ceux qui passent. Témoins fragiles de la place, demain s’effacent les faces. Mais toi tu ne le sais pas, naïf passant du présent.

 

                                                                                                                                                               ***

Texte écrit par Claire Dutrait, pour Urbain, trop urbain, qui invite sur son site mon texte « Passe et repasse, belotte et rebelotte », dans le cadre du projet des vases communicants: “Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.”

http://www.urbain-trop-urbain.fr/passe-et-repasse-belote-et-rebelote

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A l’infini,

tu n’existais pas,

tu disais.

Que tu n’avais que des fragments d’une vie élémentaire, perdus au fur et à mesure.

Que tu vivais, oui, mais non, tu n’existais pas. Que tu t’efforçais parfois à trouver une trace de toi qui te ferait être enfin quelqu’un, ailleurs que dans une vie imaginée.

Que tu étais perdue toujours et pour toujours.

Tu répétais sans cesse la phrase d’un autre : Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Mais alors pourquoi ?

A l’infini, au coin des rues, aux passants, aux avenues tranchantes, aux oiseaux du parc, à l’infini tu le disais.

Je ne suis rien. Un souvenir brûlé, une trace qui s’efface, et pourtant.

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êtres illégaux, disent-ils

Nous étions des êtres humains.

A savoir encore vivants.

 

Si fragile le fil ténu d’une existence, que déjà la peur d’être englouti bat la mesure d’une attentive lecture, à l’affût du moindre mot qui rendrait l’existence inqualifiable, abolie derrière la confusion du monde. Quand on aura plié nos vies au contresens des langues, il n’y aura plus de carrefours entre nous.

Quidequoi malgré tout ? Malgré soi de vous à moi pourquoi ?

Illicite illégal illicite illégal

Illicite illégal illicite illégal illicite illég de nuit comme de jour dans nos cabanes en bois,sur nos plages désertes, au gré de nos pensées abruptes, sous le manteau de nos   rires, être illégal ,  éjectés d’une vie classée, triée, ordonnée,  nous serions encore des êtres humains.

Nous serions des êtres illégaux, avec ceux qui chavirent en pleine mer, nous serions des êtres illégaux avec ceux qui s’échouent sur nos mers, nous serions des êtres illégaux à défaire les mots qu’une posture impose à ceux qui attendent d’être, une seule fois accueillis dans la communauté des hommes. Nous serions.

Vois-tu les  dents des langues manger l’homme et le monde, et plus loin encore une trace restera, tu crois, de nous tous encore à chuchoter que nous étions toujours des êtres humains quand le travail de la langue sera passé sur nous, quand la langue aura glissé comme une langue de terre ?


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Derrière les vitrines, encore

Battre la ville comme on bat la campagne, la faire et la défaire, la prendre comme brouillon, la salir  et l’user de nos marches.
L’habiter de nos corps à corps et âmes, de nos regards interdits, de nos allées venues à contre sens. Reprendre le fil rouge tressé de nos pensées, intriquant nos désirs et nos pas.
La renvoyer pour faute de goût, d’espace, de lieu, de temps,
l’assigner à résidence pour un sourire, une parole, un possible,
l’habiter in petto, ex abrupto, sans ménagement.
Lui  rappeler sans cesse qu’elle n’est rien que nous n’ayons construit.

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disparition, s’inscrire encore

Nous étions prêts à embarquer

les poches pleines de nos vingt ans.
Et advienne que pourra.
Tout au bout du rouleau nous avons continué le chemin parmi nos morts ,
semant le blé de nos fureurs éblouies,
creusant, inconscients,  le sillon d’une incertaine absence.
D’un absolu démonté au détour d’une errance,
une parole donnée pour ajourner la fuite.
Tous à persister qu’avancer c’était vivre,
A jp, ce jour.

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